En apprendre davantage…

Initialement publiée sur [2] le 22 mai 2020.
 
La force qui est utilisée dans les arts martiaux internes (e.g. Taiji ou Wing Chun interne) n’est pas transmise par les muscles mais par les tendons et les ligaments.
On appelle « Ging » en cantonais (et « Jin » en mandarin) la force qui est libérée par les ligaments et les tendons. On appelle « Lik » en cantonais (et « Li » en mandarin) la force musculaire.
 
Dans les arts martiaux internes, ce qui est important n’est pas la quantité de force que l’on peut générer mais la quantité de force que l’on peut transférer dans l’adversaire. On parle de « Fat Ging » en cantonais (« Fa Jin » en mandarin) pour désigner la libération de la force « Ging ». L’entraînement musculaire (notamment avec résistance) n’est pas négatif tant que l’on garde les muscles détendus. En effet, les muscles apportent un « poids ajouté » bénéfique dans les frappes.
 
L’appréhension de la force « Ging » n’est pas immédiate. Quand on débute dans les arts martiaux, on tire la force du sol, plus tard on peut y ajouter le Dan Tian (inférieur) voire à haut niveau n’utiliser que le Dan Tian. La première étape de progression dans les arts martiaux internes est la « transformation » de la force musculaire en force qui exploitent les tendons et les ligaments : de « Lik » à « Ging ». Littéralement il s’agit de développer et d’apprendre à utiliser la force « Ging ».
 
Au même titre que l’entraînement musculaire il existe des exercices qui visent le développement de cette force des tendons et des ligaments, de la respiration correcte, du « cadre » (~posture/structure) correct. La Grue Blanche de Fujian (qui est un des ancêtres du Wing Chun) enseigne par exemple les formes « Saam Chin« .

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[2] https://www.facebook.com/nicolas.hernandez.1088/posts/10157581451756775

Initialement publiée sur [2] le 1er juillet 2020.
 
En cantonais, ‘Song‘ correspond à l’idée de ‘se débarrasser de toutes les tensions inutiles‘. C’est une des premières composantes au développement de l' »interne ».
 
Huang Sheng Shyan, Grand Maître (GM) de Taiji style Yang, enseignait 5 exercices de relâchement qui sont appelés « Song Shen Wu Fa » ou « Song Gong ». ‘Gong’ peut se traduire par ‘travail’ ou ‘exercice’, ‘wu’ signifie 5 et ‘fa’ ‘libérer’.4 de ces 5 exercices viennent en fait de la Grue Blanche de Fujian, car avant d’être GM de Taiji, Huang Sheng Shyan, fut GM d’un des 5 sous-systèmes de la Grue Blanche de Fujian à savoir le « whooping fujian white crane ».
 
Le cursus Taiji de l’IWKA Taiji enseigne les programmes de GM Huang Sheng Shyan selon 3 lignées de Yang. Sifu Sergio a, entre autres, suivi les enseignements de GM Wee Kee Jin (New Zealand), Sifu Tian Bing Yuan (Thailand) et GM Sam Tam (Vancouver Canada) GM de Yi Quan, dont les enseignements constituent les 3 piliers du cursus.
 
Il y a différentes manières de pratiquer les Song Gong dans le cursus IWKA.
  1. La 1ère façon porte le nom du « balance et relâche » (« Swing and release »). Elle se pratique de manière « très relachée » (comme vue dans les vidéos de GM Huang Sheng Shyan sur youtube) et vise donc… le relâchement.
  2. La 2nd façon porte le nom du « l’homme qui fond » (« melting man »). Elle se pratique de manière très lente, très rafinée pour développer les capacités de relâchement (« song ») et de lourdeur (« sinking »), tel que l’enseigne GM Wee Kee Jin.
  3. La 3e façon porte le nom de « l’homme ballon » (« balloon man »). Elle requiert plus d’expérience dans l’interne et vise le développement du Dan Tian et du Chi.
A partir de 6 min 22, Sifu Sergio nous explique comment pratiquer le 1er Song Gong de GM Huang Sheng Shyan à la façon d’un balancier.
 
Initialement publiée sur [6] le 5 janvier 2021.
 
« Zhan Zhuang » signifie littéralement « se tenir droit comme un poteau« . Elle est probablement la « posture » la plus connue pour la pratique des « méditations debout« . « Zhan Zhuang », et plus largement la méditation debout, est un sujet très important mais celui-ci n’est pas toujours bien compris car il existe plusieurs versions ou niveaux de méditation lesquels ne sont pas pas toujours connus ou enseignés par tous les maîtres.
 
Chaque version a sa motivation et conduit à développer des aptitudes bien particulières.
 
Au sein de l’IWKA 5 versions sont enseignées [2] : 1 pour la santé et 4 pour des motivations martiales.
  1. « Zhan Zhuang de santé » aka « Health Zhan Zhuang »
  2. « L’homme qui fond » aka « Melting Man Zhuang Zhuang » (pour le développement du Song, Cai et de l’enracinement)
  3. « L’homme ballon » aka « Balloon Man Zhan Zhuang » (pour le développement Huan Yan Li/Wan Yuen Lik, Yi et Qi)
  4. « Le bouddha de fer enveloppé de coton » aka « The Iron Buddha wrapped in Cotton »
  5. « Les postures de combat de Zhan Zhuang » ou « Ji Ji Zhuang »
Les versions martiales peuvent être vues comme des niveaux de progression dans la pratique.
 
Pour Sifu Sam Tam (un des trois piliers du système IWKA Taiji et Sifu de Sifu Sergio [3]), la pratique de la méditation debout peut être comparée à l’action d’économiser de l’argent en vue d’un achat important. Sans argent pas d’achat. Sans méditation pas de construction du « pouvoir » (notamment l’énergie « Qi » [chi])… L’objectif de la méditation est donc de « cultiver » ce pouvoir. Un autre Sifu de Sifu Sergio parle en ces termes : « Without standing there is no kung fu » (sans méditation debout il n’y a pas de Kung Fu). Mais construire (on parle aussi de « cultiver ») ce pouvoir sans posséder un cadre pour l’exprimer ne sert pas à grand chose. Et c’est là qu’intervient l’entraînement technique sous toutes ses formes (sensibilité, applications…). La progression doit suivre un « équilibre » et le rôle du Sifu est de diriger le travail de l’élève sur tel ou tel focus en fonction des besoins de celui-ci.
 
La « cultivation » permet la 1ère transformation, le passage de l’usage de la force « Li » (force brute musculaire) à la force « Jin » (force des fascias, des tendons et des ligaments) [4]. Elle apporte la capacité d’avoir un corps plus « ouvert », permet de développer son « Qi » (sa force vitale), d’avoir un corps vide qui exploite la force du « dan tian ». Et finalement conduit à développer son « Shen » (la force de l’esprit et de l’intention).
 
Ainsi pratiquer « Zhan Zhuang » est nécessaire mais cela doit être d’une part dirigé vers certains développements en fonction de ses besoins, et d’autre part, complété par l’apprentissage d’un cadre technique pour pouvoir exprimer le pouvoir cultivé.
 
Pour aller plus loin, chercher les trois trésors de la médecines chinoises, Jing, qi, et shen [5].
 
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